Laboratoire

SOMMAIRE



1/ Souffle
2/ L’aurore du poète
3/ L’endormissement
4/ L’afin du monde
5/ Le suicide
6/ L’indécis
7/ Testament
8/ Dernière saison
9/ N.H
10/ Apocalypse




1/ Souffle

Mes larmes coulent gentiment
A chaque fois que je touche la profondeur des sentiments j’ai comme du sang qui manque
J’ai comme l’impression d’avoir échappé à la peur
D’être passé de l’autre côté du miroir à vapeurs
Et si c’est à travers la vie et si c’est à travers la mort, au cœur
Tous ceux qui ont suivi cette vie jusqu’à la plus belle des hauteurs
Nous voici arrivé, ce désert est aride
Cette fois
Nous n’avons rien à nous dire, plus à tourner à vide
J’ai froid
Et puis ces sensations, j’suis loin, étrange
Pourtant les étoiles sont à la même place rien n’est est changé
Le vent qui s’amène qui se faufile entre les doigts
Et la lumière qui s’efface, l’obscurité de tout son poids
Je suis perdu,
Dans l’immensité
Dans l’air du temps
Sans vraiment d’idée, sans être vraiment guidé
Mais quelque chose vous prends, oui quelque chose vous prends
Et ne vous rends plus, c’est comme décidé
L’essence humaine est ici, pure, sans armure
Lorsque tu parles à ta souffrance lorsque tu parles à mur
Précieux entre l’homme la femme et la flamme
J’voudrais trouver mon bonheur dans un drame, et le perdre dans une larme
Déchire les regards, les masques et les normes
La vision du réel, face à l’illusion des formes

2/ L’aurore du poète

L’horizon qui s’élève voudrait coucher les lettres
Un instantané de nature tout comme la fin d’un silence
Les alentours immobiles pour que poésie puisse naitre
Une aura épurée qui nous délivre tous le sens

Quelques mots se cherchent tandis que j’erre sur les pages
Que j’attends l’éclaircie qui descend peu à peu
Pénombre puis clarté, ainsi me viennent des images
Et l’harmonie se dessine sous la plume de mes vœux

3/ L’endormissement

Sensations confondues
Par-delà rêves et sommeil
Mes yeux fermés s’essayent
A une réalité fondue

Consumer le réel
Chaleur de l’oubli qui me guide
Paupières fermées comme des ailes
La nuit va tomber dans mon vide

4/ L’afin du monde

Elle n’est plus plate, elle n’est plus ronde
Elle danse de débris
Elle s’illumine, dernières secondes
Dans un point final qui s’écrit

5/ Le suicide

Une feuille immaculée, tout d’abord blanche comme neige
Vierge de tout, attirante, un certain charme
Immobile sur une table et pas trop loin d’un cierge
Rassurant, qui la couvre de la lumière de sa flamme

La nuit était tombée et une atmosphère éteinte
Régnait dans cette pièce froide et tout autour de l’établi
Seul ces deux amis restaient hors de cette étreinte
Patients, attendant l’encre qui allait donner vie

L’artiste s’asseyait ici dans les bons jours, dans les pires
Chaque fois vers minuit, pour oublier, pour écrire
L’exutoire par les mots, mais les dettes étaient là

Le crépuscule levant brûlait peu à peu la cire
Entraient des rayons de vie, cette vie qu’il voulait fuir..
Sur le sol, une lettre pour dire qu’il ne reviendrait pas

6/ L’indécis

Ni honnête ni malhonnête
Envers les choix, toujours errant
Il est comme une marionnette
Au hasard des événements

Sans vraiment chercher à être
Il ne lui vient aucun élan
L’ennui le transforme en bête
Le temps perdu, en conquérant

7/ Testament

Une montagne à gravir, une plaine à errer
Un manque d’air, un silence qui se perd, partis s’aérer
Oublier le secondaire pour mon combat, sans changer de front
Car j’écris sans faire bouger la forme mais pas sans toucher le fond

Huit semaines que le décor se plante
Que mon sort me hante, remords, huit semaines que la mort me tente
Une forme lente, la fin d’une destinée qui prend son temps
Peut-être la revanche de quelques démons trop sous-estimés

Se perdre, tout perdre c’est ne rien perdre pour un anonyme
Partir sur un hymne sans cible, sans rimes et sans rythme
Ces questions existentielles qui tournent et que l’homme ronge
Il plonge dans les normes, toujours les normes, l’énorme mensonge

Sous pression je ne joue plus avec les mots, ça n’est pas du scrabble
Je joue ma vie sans avoir de présent stable, sans être présentable
Mes dernières forces se livrent comme un désespoir ivre
Qui sait la route à suivre quand l’espoir me menace de vivre

Plus personne pour te tendre la main si c’est une pente à descendre
J’ai très peu de confiance à donner, je n’ai plus rien à attendre
L’humain fait volte-face, face à n’importe quel vent qui souffle
Chacun son automne, son chemin de déceptions monotones

Le peu de temps qu’il me reste, l’heure tourne, voici mon plus beau texte
Ces lignes ultimes ne sont qu’un écho d’un égo qui se perce
Sur le papier un mélange de sang et d’encre qui se déverse
Et devant mes yeux ma vie qui défile en sens inverse

Pris au piège, tout ce que je fuis s’étend depuis mes dix-sept ans
Si je suis de mauvaise augure, depuis demain je m’appelle « dix septembre »
Je n’ai pas de boule de cristal, ne fais pas trop confiance aux mystères
Cette question qui me transperce les viscères «  à quoi la vie sert ? »

Naissance, renaissance, essence, créateur
J’veux prendre le large, jusqu’au lieu où mes peurs se cachent
C’est vrai que j’attaque au cœur avant que le mien ne me lâche
Car ne je suis pas un artiste je suis un défibrillateur

8/ Dernière saison

Par l’écrit
L’esprit s’enfuis
Sur les papiers remplis
D’émotions fortes
Qu’un vent soudain emporte
Mais jamais n’oublies
Que cet automne là
Ne laissera pas
Ses feuilles mortes

9/ N.H

Dans mon repère d’attraction ou je me perds à chaque son
Un homme à part à l’action, dans un parc d’abstractions
L’artiste à ne pas rater, d’exceptionnels paradoxes
Qui voit ses idées parader, par infos par intox

Un crime peu avouable, une lame sur une table
Je suis une arme sensible donc très peu manipulable
Je suis l’amant de ma plume, c’est médicamenteux
Friable, car chaque syllabe me scie l’âme en deux

Cette lubie qui me poursuis qui m’envoute depuis le berceau
Je suis encerclé de mots, je suis envahis de cerceaux
L’imagination donne l’assaut, l’esprit est un lasso
Le rime me poursuis nuit et jour du recto jusqu’au verso

Et je ne dis jamais rien, ma trachée est une tranchée
Ou les mots veulent faire un trajet mais je ne peux les recracher
Alors j’écris pendant des heures, comme une impulsion, branché
Comme si j’devais noircir ma feuille, mon plafond et mon plancher

10/ Apocalypse

L’humanité prends peur, y’a comme une rage cosmique
Nos bourreaux se nomment sauveurs, surfent sur une vague gnostique
Crois moi cette société ne paye pas le diable qu’au smic
Et si Dieu est le remède, les mystiques sont le diagnostiques

A mille a l’heure, cherchant les rumeurs qui partent de Bethléem
Ce que recherchent les cœurs meurtris qui battent comme un B.P.M
Ont attends le miracle, parce que tout est sombre autour
L’Homme a cru lancer un défi et le boom’rang fait son retour

Y’a bien longtemps que les lignées ont franchis la ligne jaune
Si les générations se répètent, les erreurs se clonent
C’est peut être la dernière fois que l’histoire se réecrit
Je ne vois plus d’individus, je vois des photocopies

Car les meilleurs partent en premier et la masse immonde avance
Comment stopper ce rouleau compresseur d’ignorance ?
Continuer à répéter tous ces discours vain de moral ?
A chanter le même refrain, il faudra beaucoup mieux qu’une chorale

C’est pour une planète à l’agonie, un coma qui respire
Comment inverser la tendance ? est ce que ça consiste à fuir –
Vers l’avant – peut être beaucoup trop d’écart à réduire
Les derniers martyrs, les dernières tendances sont les pires

Les dès sont il jetés pour un destin d’exception ?
Les philosophes n’ont pas finis de faire le tour des questions
Humanité, la boule de cristal commence à enrager
Et le pronostic vital commence à s’engager

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